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Feuilleton · Assurance-vie : le guide du débutant en 3 étapes / Épisode 2

Fonds euros ou unités de compte : comment choisir sans se tromper ?

21 juillet 2026

Précédemment

Dans le premier épisode, on a vu que l’assurance-vie n’est ni un livret d’épargne classique, ni une simple assurance décès. C’est une enveloppe fiscale qui vous permet de faire fructifier votre argent, de le retirer quand vous voulez, et même de le transmettre dans des conditions très avantageuses. Pas étonnant que 40 millions de Français en détiennent une.

Maintenant qu’on sait ce que c’est, il faut répondre à la vraie question pratique : qu’est-ce qu’on met dedans ?


Imaginez que votre assurance-vie est un grand sac à dos. Ce sac, vous pouvez le remplir avec deux types de choses : des briques en béton armé (les fonds euros, solides, lourds, qui ne bougent pas) ou des ballons de baudruche colorés (les unités de compte, légères, qui peuvent monter très haut… ou se dégonfler). La question, c’est de savoir dans quelle proportion vous en mettez, selon votre profil, votre horizon de temps, et votre tolérance au stress.

Le fonds euros : la sécurité avant tout

Le fonds euros, c’est le pilier historique de l’assurance-vie française. Son principe est simple : votre capital est garanti. Peu importe ce qui se passe sur les marchés financiers, vous ne pouvez pas perdre l’argent que vous y avez versé. Les intérêts générés s’accumulent chaque année et deviennent eux-mêmes définitivement acquis — c’est ce qu’on appelle l’effet cliquet.

Concrètement, en 2025, le rendement moyen des fonds euros a été de 2,60 % selon France Assureurs (2,65 % net de frais de gestion selon l’ACPR). Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est significativement mieux que le Livret A, actuellement à 1,50 %. Et les meilleurs contrats du marché ont fait encore mieux : jusqu’à 3,75 % pour certains contrats accessibles en 100 % fonds euros.

Comment l’assureur fait-il pour garantir votre capital ? En investissant lui-même l’argent collecté majoritairement en obligations d’État (des prêts à des gouvernements, remboursés avec intérêts). C’est stable, prévisible, mais c’est aussi ce qui explique le rendement modéré.

Pour qui ? Le fonds euros est idéal si vous avez besoin de sécurité absolue, si votre horizon d’investissement est court (moins de 5 ans), ou si l’idée de voir votre solde baisser vous empêche de dormir.

Les unités de compte : plus de risque, plus de potentiel

Les unités de compte (on dit souvent « UC »), c’est un autre monde. Ici, votre capital n’est pas garanti. Vous investissez sur des actifs financiers réels : des actions d’entreprises (françaises, européennes, américaines…), des parts d’immobilier, des obligations d’entreprises, des fonds qui mixent tout ça. La valeur de vos UC fluctue chaque jour, à la hausse comme à la baisse.

En échange de ce risque, le potentiel de rendement est bien supérieur. En 2025, la performance nette moyenne des unités de compte a atteint 4,7 %. Et sur des périodes longues (10, 15, 20 ans), les marchés actions ont historiquement délivré des rendements annuels moyens bien au-delà de ce que proposent les fonds euros — même en intégrant les mauvaises années.

Prenons un exemple concret. Supposons que vous investissez 10 000 € :

  • À 2,60 % sur fonds euros → au bout de 10 ans, vous avez environ 12 900 € (avant fiscalité).
  • À 4,7 % sur UC → au bout de 10 ans, vous avez environ 15 800 € (avant fiscalité) — mais avec des hauts et des bas en chemin.

La différence est réelle. Mais rappelons-le : avec les UC, une mauvaise année de marché peut vous faire perdre 15, 20 ou 30 % de votre mise. Ce n’est pas une mise en garde pour vous faire peur — c’est juste la réalité à intégrer.

Pour qui ? Les UC conviennent si votre horizon d’investissement est long (au moins 8 à 10 ans), si vous n’avez pas besoin de cet argent à court terme, et si vous acceptez les variations sans paniquer au premier creux.

Comment combiner les deux selon votre profil ?

La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas à choisir l’un ou l’autre. La plupart des contrats vous permettent de mixer fonds euros et unités de compte dans les proportions que vous souhaitez. C’est ce qu’on appelle une allocation d’actifs.

Voici trois profils types pour illustrer :

Profil prudent — Vous avez besoin de récupérer cet argent dans 3 à 5 ans, ou vous détestez le risque. Une répartition type : 80 % fonds euros / 20 % UC. Vous profitez d’un rendement légèrement supérieur au Livret A, avec une petite dose de dynamisme.

Profil équilibré — Vous épargnez sur 8 à 12 ans (retraite, projet immobilier futur), vous acceptez quelques fluctuations. Une répartition type : 50 % fonds euros / 50 % UC. Vous lissez le risque tout en cherchant une performance correcte sur la durée.

Profil dynamique — Votre horizon est de 15 ans ou plus, vous ne toucherez pas à cet argent avant longtemps, et les variations ne vous dérangent pas. Une répartition type : 20 % fonds euros / 80 % UC. Vous maximisez le potentiel de rendement en acceptant la volatilité.

Une règle simple souvent citée pour calibrer la part de sécurité : soustrayez votre âge de 100. Si vous avez 35 ans → 65 % en UC, 35 % en fonds euros. Si vous avez 60 ans → 40 % en UC, 60 % en fonds euros. Ce n’est pas une règle gravée dans le marbre, mais c’est un bon point de départ.

Un dernier point pratique : sur certains contrats, les assureurs imposent d’investir un minimum en UC (souvent 20 à 30 %) pour accéder aux meilleurs fonds euros. C’est à vérifier avant de souscrire.

Ce qu’on a vu

  • L’assurance-vie contient deux types de supports : les fonds euros (capital garanti, rendement moyen de 2,60 % en 2025, effet cliquet) et les unités de compte (capital non garanti, performance moyenne de 4,7 % en 2025, mais fluctuations possibles).
  • Les fonds euros conviennent aux profils prudents et aux horizons courts. Les UC sont faites pour le long terme et ceux qui acceptent le risque.
  • On peut — et souvent on doit — combiner les deux dans des proportions adaptées à son âge, ses objectifs et sa tolérance au risque.
  • Plus votre horizon est long, plus vous pouvez vous permettre d’augmenter la part en UC pour chercher de la performance.

Demain

Vous savez maintenant quoi mettre dans votre assurance-vie. Mais quand et comment en récupérer l’argent ? Et que se passe-t-il si vous décédez ? Dans le dernier épisode, on attaque la partie que presque personne ne lit… et qui peut vous faire économiser des milliers d’euros : la fiscalité après 8 ans, les abattements annuels, les rachats partiels, et l’avantage successoral qui dépasse largement ce que la plupart des gens imaginent.

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