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Feuilleton · Retraite : le plan d'épargne en 5 étapes pour ne pas galérer demain / Épisode 2

Le calcul concret : de quel capital avez-vous besoin pour votre retraite ?

5 septembre 2026

Précédemment

Dans l’épisode 1, on a découvert que la pension d’État sera souvent inférieure à 50 % de votre dernier salaire — une chute de revenus que peu de gens anticipent vraiment. On a aussi vu pourquoi commencer à épargner tôt est décisif : les intérêts composés font boule de neige, et chaque année perdue coûte cher.

Aujourd’hui, on passe à l’étape suivante : calculer votre objectif personnel. Combien de capital faut-il avoir accumulé le jour J ?


Beaucoup de gens savent qu’il « faut épargner pour la retraite ». Mais épargner combien, exactement ? Sans chiffre cible, on navigue à vue. On met 50 € par mois parce que ça semble raisonnable, ou on ne met rien parce qu’on ne sait pas par où commencer.

Cet épisode vous donne une méthode simple, en trois étapes, pour poser un chiffre précis sur votre objectif. Pas un chiffre sorti d’un chapeau : votre chiffre, adapté à votre âge, votre salaire et le train de vie que vous souhaitez mener à la retraite.

Étape 1 : calculer votre « manque à gagner » mensuel

Le principe est simple. À la retraite, vos revenus vont baisser. Votre pension d’État ne couvrira pas tout. Vous devez combler la différence grâce à votre épargne.

La formule de départ :

Manque à gagner mensuel = revenus souhaités à la retraite − pension d’État estimée

Commençons par les revenus souhaités. Posez-vous une question honnête : de combien avez-vous besoin chaque mois pour vivre comme vous le souhaitez, une fois à la retraite ? Pas « survivre » — vivre. Voyages, loisirs, aider les enfants ou petits-enfants, payer une mutuelle sérieuse.

Une règle empirique couramment utilisée : comptez entre 70 % et 80 % de votre dernier salaire net. À la retraite, vous n’aurez plus de frais de trajet, plus de cotisations retraite à payer, souvent plus de crédit immobilier. Mais vous aurez plus de temps libre — et le temps libre, ça se dépense.

Ensuite, estimez votre future pension. L’épisode 1 vous a expliqué comment la calculer (relevé de carrière, simulateurs en ligne). Si vous ne l’avez pas encore fait, retenez ce repère : pour un salarié du privé avec une carrière complète, la pension tourne souvent autour de 50 à 60 % du salaire moyen de carrière.

Exemple concret — Sophie, 40 ans, salaire net actuel 2 800 €/mois :

  • Revenus souhaités à la retraite : 2 000 € net/mois (environ 70 % de son salaire)
  • Pension d’État estimée : 1 400 €/mois
  • Manque à gagner : 600 €/mois, soit 7 200 € par an

Étape 2 : convertir ce manque en capital à constituer

Votre épargne devra vous « verser » ce complément mensuel pendant toute votre retraite. Pour savoir combien il vous faut en stock le jour J, on utilise une règle simple appelée règle des 4 % (ou son équivalent : multiplier par 25).

L’idée : si vous avez un capital placé et que vous en retirez 4 % par an, ce capital dure environ 25 à 30 ans tout en continuant à produire des intérêts. C’est une approximation — pas une garantie — mais elle est solide pour planifier.

La formule :

Capital nécessaire = manque à gagner annuel × 25

Reprenons Sophie :

  • Manque à gagner annuel : 7 200 €
  • Capital nécessaire : 7 200 × 25 = 180 000 €

Sophie doit donc viser 180 000 € d’épargne retraite à constituer d’ici ses 62 ou 64 ans.

Attention : ce calcul ne tient pas compte de l’inflation. En réalité, vous devrez viser un capital légèrement supérieur pour maintenir votre pouvoir d’achat. On y revient dans les exemples par tranche d’âge.

Étape 3 : calculer l’effort mensuel selon votre âge

Voilà où ça devient concret. Plus vous commencez tôt, moins vous avez à mettre de côté chaque mois pour atteindre le même objectif. C’est la magie des intérêts composés vue dans l’épisode 1.

Pour les exemples suivants, on suppose un rendement moyen annuel de 4 % net sur votre épargne investie (un chiffre prudent, atteignable avec une allocation diversifiée sur le long terme — ni trop optimiste, ni catastrophiste). On vise dans chaque cas un capital de 180 000 € à 63 ans.


Cas 1 — Léa, 30 ans — 33 ans devant elle

Avec 33 ans pour constituer 180 000 € à 4 % de rendement annuel, il lui faut épargner environ 210 € par mois. Le temps fait tout le travail : sur ces 210 €/mois, elle versera en tout environ 83 000 € de sa poche — les 97 000 € restants, c’est le rendement qui les crée.


Cas 2 — Marc, 40 ans — 23 ans devant lui

Marc a les mêmes revenus, le même objectif. Mais il lui reste 10 ans de moins. Pour atteindre 180 000 € en 23 ans à 4 %, il doit mettre de côté environ 390 € par mois — soit presque le double de Léa. Il versera environ 107 000 € de sa poche. La différence de 10 ans lui coûte 180 € supplémentaires chaque mois, tous les mois, pendant 23 ans.


Cas 3 — Claire, 50 ans — 13 ans devant elle

Claire part plus tard. Pour atteindre 180 000 € en 13 ans à 4 %, il lui faut environ 840 € par mois. Elle versera environ 131 000 € de sa poche. Avec si peu de temps, les intérêts composés n’ont pas le temps de faire leur effet.

Le message clé : chaque décennie d’attente double (grossièrement) l’effort mensuel nécessaire. L’action précoce n’est pas un luxe — c’est une réduction de charge.


Une précision importante : si Claire ne peut pas mettre 840 € par mois, ce n’est pas une raison de ne rien faire. Mettre 400 € par mois pendant 13 ans, c’est quand même 90 000 € de capital à l’arrivée — ce n’est pas le plan idéal, mais c’est infiniment mieux que zéro. L’objectif de ce calcul n’est pas de vous décourager, c’est de vous donner une cible honnête.

Un ajustement à ne pas oublier : l’inflation

On a parlé de 180 000 € comme objectif pour Sophie. Mais 180 000 € dans 20 ou 30 ans ne vaudront pas la même chose qu’aujourd’hui. Si l’inflation tourne autour de 2 % par an (l’estimation INSEE pour 2026), 180 000 € dans 23 ans équivaudront en pouvoir d’achat à environ 110 000 € d’aujourd’hui.

Deux façons de corriger ça :

  1. Augmenter votre objectif de capital (multiplier par 1,5 environ pour 23 ans d’inflation à 2 %).
  2. Investir dans des actifs qui suivent l’inflation (actions, immobilier) plutôt que de tout laisser sur des livrets dont le taux ne couvre pas toujours la hausse des prix — on y reviendra dans les prochains épisodes.

Pour simplifier votre planification aujourd’hui : retenez votre chiffre de base, et ajoutez 30 à 50 % comme « marge de sécurité inflation ».


Ce qu’on a vu

  • Trois étapes pour calculer votre objectif : estimer votre manque à gagner mensuel, le convertir en capital cible (× 25), puis calculer l’effort mensuel selon votre âge.
  • La règle des 4 % : retirer 4 % d’un capital par an permet de tenir 25 à 30 ans.
  • Trois exemples chiffrés : à 30 ans, comptez environ 210 €/mois pour 180 000 € de capital à 63 ans ; à 40 ans, 390 €/mois ; à 50 ans, 840 €/mois — avec un rendement hypothétique de 4 % annuel.
  • L’inflation grignote votre objectif : prévoir une marge de 30 à 50 % est prudent.

Demain

Vous avez maintenant un chiffre cible. Mais où mettre cet argent, concrètement, quand on commence de zéro et qu’on ne veut pas prendre de risques ? Dans le prochain épisode, on explore les livrets réglementés — Livret A, LDDS, LEP — leurs plafonds, leurs taux au 1er août 2026, leur fiscalité zéro. Et surtout, on vous explique pourquoi ils sont indispensables comme première brique… mais largement insuffisants pour financer seuls une retraite confortable.

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Cet article a été rédigé par une intelligence artificielle. Il est informatif et ne constitue ni un conseil médical, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement.